2.1. Le Déroulé Tissulaire (DT)
Par mesure de compréhension, je déroule le fil de cette technique en répondant à des items ; considérer les redites que ce découpage impose comme un refrain qui souligne l’importance des informations. J’insiste, car pour certains, l’exercice « rétroactif » du DT est complexe à comprendre intellectuellement.
2.1.1 Qu’est-ce ?
C’est une très belle technique d’écoute « permissive » destinée à mieux comprendre l’organisation tissulaire dans laquelle le bébé se trouve à l’instant « t ».
Cette écoute est permissive car sous mes appuis le bébé s’autorise à suivre là où ses tensions fasciales le guident. Le DT est un moyen pour lui faire remonter le temps de l’organisation lésionnelle et de le décharger du fardeau énergétique des solutions qu’il a mis en place pour vivre.
L’ostéopathe a comme mission, grâce à l’outil du DL, d’assister le bébé dans son travail de « lâcher prise ». Ce travail consiste à :
- L'accompagner jusqu’au bout d’une posture dans laquelle les tissus retrouvent un état d’équilibre « presque » idéal.
- Dans la stratégie du traitement, c’est souvent une première étape.
Métaphore : Je résume l’état dans lequel le bébé m’est confié : il est emberlificoté dans sa trame fasciale tel un poisson dans les mailles d’un filet. Les mailles deviennent de plus en plus enserrantes par les tendances innées des tissus à la croissance et au développement.
La technique du DT a pour but de rassurer et de comprendre ce qui s’est réellement passé pour qu’il se soit retrouvé ainsi piégé.
2.1.2 Pourquoi ?
Pour plusieurs raisons qui s’imbriquent :
- Retrouver la (les) posture(s) originelle(s) : Retrouver la position dans laquelle le bébé se trouvait avant qu’il ne soit confronté au stress des contraintes externes. C’est dans cette (ces) position(s) « contre nature » que le bébé a grandi pendant un temps plus ou moins long en intra-utérin ; elle(s) est (sont) devenue(s) une (des) « normo-position(s) ».
- Favoriser le passage : Il se pourrait aussi, lorsque le bébé s’engage dans les détroits du bassin de sa maman, que l’addition de toutes ces positions gauchies ne lui permette pas de faire les micro-ajustements nécessaires à l’ensemble de son corps pour réaliser une belle descente.
- Gagner en transparence : Pour débarrasser le bébé du « filtre » de ses compensations puis de ses adaptations. Les compensations font obstacle à une visualisation détaillée des paramètres des contraintes externes enregistrées et enfermées dans le « carbone 14 » tissulaire de la densité.
- Stabiliser la posture de repos : L’affichage de cette posture témoigne de la fonte de la gangue de protection adaptative. C’est une première victoire de la triade bébé/parent/ostéopathe. C’est le signe que le bébé accepte de faire confiance et de déconstruire ce qu’il a mis en place.
Conséquences des déséquilibres :
Cette posture souhaitée n’est qu’une étape, la détente y étant somme toute relative ; son agencement est souvent bien éloigné d’une symétrie équilibrée. Elle est responsable :
- Des déformations et des déplacements des volumes.
- De l'impact sur la répartition des liquides.
- De la mise en tension des systèmes. Ces déséquilibres seront permanents et l’adulte qu’il deviendra les portera toute sa vie.
De manière métaphorique et exceptionnelle :
- Décharger son sac à dos des boulets d’une vie prénatale.
- Devenir le fulcrum juste : Dans le cas exceptionnel où il n’y a pas de densité, permettre au bébé de retrouver une organisation posturale à partir de laquelle ses forces de santé vont pouvoir faire leur travail « d’auto guérison ».
- Libérer la gangue de protection qui opacifie ce que contient la densité.